Haut Atlas : un patrimoine architectural fragilisé, un savoir-faire à préserver
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M&D
Dans les villages du Haut Atlas, l’architecture traditionnelle constitue un pilier essentiel de l’identité locale. Réalisés en pisé, en pierre et à partir de matériaux locaux, les habitats et bâtiments communautaires sont le fruit de savoir-faire ancestraux, transmis de génération en génération et finement adaptés aux contraintes climatiques, sociales et culturelles des zones rurales de montagne.
Le séisme de 2023 a cependant profondément fragilisé ce patrimoine. Au-delà des destructions matérielles, il a mis en lumière la vulnérabilité de ces modes de construction traditionnels, déjà concurrencés par la généralisation du béton. Construire en parpaings est souvent perçu comme plus moderne, plus rapide et socialement valorisant. Dans un contexte d’urgence de relogement, les dynamiques de reconstruction se sont majoritairement orientées vers des solutions standardisées à base de béton, laissant peu de place à l’écoconstruction et aux techniques locales.
Aujourd’hui, la réticence d’une partie des populations, la raréfaction des Maalems* spécialisés et le manque d’ingénieurs formés à ces techniques locales accentuent le risque de disparition progressive de ce patrimoine bâti, pourtant porteur de nombreux atouts : confort thermique, intégration paysagère, valeur culturelle et potentiel de développement local et touristique.
Face à ce constat, M&D s’engage à rouvrir le débat et à agir concrètement. À travers le projet TADAMON, l’association entend démontrer que l’écoconstruction peut constituer une réponse pertinente et durable pour les territoires ruraux du Haut Atlas, notamment à travers des constructions témoins.
Préserver l’architecture traditionnelle du Haut Atlas, c’est préserver une mémoire collective, renforcer la résilience des territoires et imaginer des formes de reconstruction respectueuses des populations et de leur environnement.
*Artisans hautement qualifiés et responsables de l’exécution des travaux sur un chantier traditionnel ou moderne. Le maâlam possède une maîtrise technique reconnue d’un corps de métier (maçonnerie, plâtrerie, zellige, bois, etc.), encadre les ouvriers et apprentis, assure la qualité des ouvrages, le respect des méthodes, des délais et des règles de l’art.