Migrations et mobilités : comprendre et agir, ici et là-bas
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M&D
La Journée Internationale des Migrant.e.s (JIM) est célébrée chaque année le 18 décembre. A cette occasion MD réaffirme son positionnement et son engagement sur les questions de mobilités et de migration
Pour la JIM 2025, M&D s’est mobilisé à Paris et à Agadir
À Paris, nous avons participé à la JIM du FORIM le 13 décembre et avons présenté l’expérience des Bureaux d’Accueil et d’Orientation des Migrants (BAOM), ouverts aux Marocains du Monde et aux migrants subsahariens au Maroc.
À Agadir, nous avons collaboré avec la Commission Régionale des Droits de l’Homme de Souss Massa (CRDH) et le Comité Migration Souss-Massa (CMSM) pour animer deux journées intenses comprenant des tables rondes et des débats sur le vivre-ensemble, des ateliers artistiques et des danses célébrant la culture africaine au Maroc, ainsi que des stands associatifs présentant des initiatives portées par des migrant·e·s et des Marocain·e·s (formation entre pairs, valorisation des actions communautaires). Ces journées ont constitué un moment fort pour promouvoir l’inclusion, la diversité et le dialogue interculturel.
L’approche de M&D en matière de migration
M&D est activement impliquée dans les questions migratoires depuis 1986. Comment ?
1. Soutenir la diaspora marocaine
C’est le travail fondateur de M&D. Il consiste à soutenir la diaspora marocaine pour des initiatives de développement dans leurs régions d’origine. Cela comprend des projets collectifs de solidarité menés par des associations de migrants et des projets individuels (à la fois solidaires et économiques). Un élément clé est le transfert de compétences.
– Ainsi, au Maroc, M&D s’est associé aux Réseaux de compétences des Marocains des Mondes (DMK- Allemagne et AMCN-USA) pour proposer des sessions de formation aux étudiants sur les systèmes embarqués, le système éducatif allemand et pour la formation du corps médical, en partenariat avec la direction régionale de Santé- Souss Massa.
– En France, M&D a organisé une rencontre intitulée « Agir ici et là-bas » à Paris en avril 2025, axée sur les nouvelles formes d’engagement de la diaspora marocaine en France et en Europe avec son pays d’origine.
En perspective, nous souhaiterions créer une « Migrations et Développement Academy »», conçue pour renforcer les capacités des acteurs impliqués dans la migration, faciliter l’échange de bonnes pratiques et promouvoir une adoption plus large des approches réussies. Ce projet pourrait se mener avec d’autres partenaires.
2. Accueillir des Marocains de retour au pays
M&D répond aux besoins des Marocains qui retournent au Maroc, qu’elle qu’en soit la raison (choix personnel, investissement, retraite, échec migratoire ou retour forcé).
L’organisation a joué un rôle clé dans la création et l’expansion des « Bureaux d’Accueil et d’Orientation des Migrants » (BAOM) dans 18 municipalités. Ces bureaux fournissent un soutien aux migrants de retour dans le cadre d’une stratégie plus large de réintégration durable. M&D continue d’assurer une formation et un soutien au personnel des collectivités locales qui gèrent ces BAOM.
Il est à noter que les services des BAOM sont également disponibles pour les immigrés au Maroc, principalement d’origine subsaharienne, ainsi que pour les ayants droits.
3. Soutenir l’intégration des migrants subsahariens au Maroc :
La région de Souss-Massa où M&D agit principalement compte une forte concentration d’immigrants subsahariens, notamment des étudiants et des migrants travaillant dans le secteur agricole (serres de tomates et de fraises).
L’action se concentre sur la mise en œuvre des dispositions de la Stratégie Nationale d’Immigration et d’Asile (SNIA) du Maroc en garantissant l’accès aux droits des immigrés au Maroc. L’objectif est de faciliter l’intégration de ces populations au Maroc à travers l’enregistrement à l’état civil, l’accès à l’école et aux services de santé, ainsi que par des cours de darija (dialecte marocain) et des formations professionnelles.
4. S’attaquer aux causes profondes de la mobilité contrainte :
M&D opère dans la perspective où la mobilité doit être un acte volontaire, résultant de la liberté de rester, de partir ou de revenir. Cela s’aligne sur le concept d’Amartya Sen du développement comme l’expansion des libertés et des capacités.
L’organisation soutient des projets qui améliorent les conditions de vie et les opportunités économiques dans les communautés d’origine. Cela comprend l’adduction en eau et l’assainissement dans les villages, la formation à l’agroécologie et à l’autonomisation économique des jeunes. Plus largement, M&D soutient la résilience des populations rurales aux effets du changement climatique, en particulier dans sur le Massif du Siroua. Le « modèle Toudert », développé par le biais d’une recherche-action, en est un exemple. M&D a reçu le Grand Prix de la Fondation Luciole pour ce travail en juin 2025.
5. Promouvoir l’éducation à la mobilité légale :
M&D souligne que la migration légale est possible. Mais elle nécessite une préparation. Les migrants potentiels doivent acquérir des compétences (linguistiques, professionnelles), explorer les possibilités d’études et de volontariat (service civique, volontariat international) et comprendre les procédures d’obtention de permis de travail. Cela vise à informer les migrants potentiels, en particulier les jeunes, sur les risques de l’immigration illégale et les dangers de la traite des êtres humains.
M&D promeut également la mobilité de volontariat à travers le projet « Jeunes des 2 Rives » (J2R) (France, Tunisie et Maroc) et le projet SIDE (service civique et volontariat réciproque).